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« The Witch » : un conte aussi terrifiant que fascinant

Notre chroniqueuse Pauline nous dévoile son coup de coeur ciné du moment

Publié le 24 juin 2016 Ecrit par Pauline
« The Witch » : un conte aussi terrifiant que fascinant

Le jeune et brillant américain Roger Eggers signe un premier film d’horreur sidérant. Présenté au festival de Sundance en 2015, le long métrage au scénario intelligent et à la photographie esthétique a reçu le prix de la mise en scène en plus de nombreuses critiques dithyrambiques.

L’intrigue suit une famille de puritains du XVIIe siècle bannis de leur village et partis s’installer à l’intérieur des terres en bordure d’une forêt sauvage. Complètement isolés et déconnectés du reste de la communauté, les parents y refondent un très modeste foyer avant de voir leur plus jeune enfant disparaître subitement. 

Peur et paranoïa vont remplacer le chagrin et semer le trouble dans cette famille dévouée corps et âme à sa religion. Agités et terrorisés, ils craignent une malédiction alors que s’installent progressivement soupçons et accusations de satanisme.

Les sorcières, enfin !

On ne peut que se réjouir de voir réapparaître ces figures féminines mythiques qui n’ont finalement pas fait l’objet de nombreux films depuis le célèbre Blair Witch Project de 1999 ou plus indirectement l’excellent Antichrist de Lars Van Trier en 2009. Alors que les vampires, zombies et loups garous fleurissent aujourd’hui sur les écrans, les sorcières restent encore sous-représentées au cinéma. Sujet fertile pourtant, en ce qu’elles incarnent dans l’imaginaire le mal absolu, la cruauté et la perversité, avec magie noire en filigrane. Elles représentent ce corps de femme pécheresse que l'on ne saurait voir, l'impure et la tentatrice associés avec le maléfique au pouvoir destructeur infini.

Cette peur et fascination du corps féminin est d’ailleurs l’un des principaux thèmes de The Witch alors qu’Eggers s’interroge sur une Amérique patriarcale et puritaine où prospère une religion malade qui diabolise le désir, étouffe tout rapport au corps et multiplie interdictions et frustrations.

Une mise en scène impeccable

Eggers parvient à retranscrire à la perfection l’atmosphère authentique et obscurantiste de la Nouvelle-Angleterre du XVIIe. Débarrassé de tous les clichés type du film d’horreur, The Witch déploie une mise en scène classique, précise et fulgurante qui ménage ses effets et sublime parfaitement l’ambiance horrifique d’un mal en préparation. Au scénario intelligent s’ajoute aussi d’excellents acteurs au jeu authentique et sincère, parmi lesquels l’incroyable Anya Taylor-Joy dans le rôle de l’aînée observatrice et méfiante en pleine puberté. 

Black Phillip

Mais si l’on sent que la forêt noire et profonde a bien des yeux et qu’un mal plane au dessus du foyer puritain, on s’interroge surtout sur la présence troublante et mystérieuse de la chèvre noire familiale, Black Phillip, avec qui les enfants jouent à longueur de journée. Tel un personnage à part entière, Black Phillip a fait couler beaucoup d’encre depuis la sortie du film tant pour le mystère horrifique qu’il incarne que son incroyable prestance

Le réalisateur a même confié s’être inspiré de documents et journaux de l’époque pour apporter plus de vérité, de substance et de poids au personnage symbolique de Black Phillip.  

Depuis qu’ils ont fondé leur nouveau foyer, quelqu’un ou quelque chose les observe depuis la forêt épaisse. La tension est palpable et il n’est pas certain que leurs prières à répétition puissent faire rempart à cette menace sans visage.

Au delà des frissons et de la performance, la beauté de ce cinéma d’horreur pure au discours simple et puissant en fait un film exceptionnel qui continue à nous interroger au delà-même de la révélation finale et du générique de fin.

The Witch
est dans les salles depuis le 15 Juin.  

Source image : lesinrocks.com ; cinemagogue.com ; theverge.com ; theguardian.com ; thefilmstage.com ; slate.com : invisible-lights.com ; collider.com ; hollywoodreporter.com

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