En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l’utilisation de cookies pour vous proposer des contenus et services adaptés à vos centres d’intérêts.

Rencontre avec l’extraordinaire Graham Candy

Notre choniqueuse Pauline a rencontré pour vous ce chanteur Néo-Zélandais qui a élu domicile à Berlin

Publié le 1 juin 2016 Pauline Ecrit par Pauline
Rencontre avec l’extraordinaire Graham Candy

Entre deux concerts, l’artiste montant à la voix androgyne et aux chansons catchy nous parle de son parcours fulgurant, en 19 questions.

Cela fait bientôt deux ans que le jeune musicien de 25 ans a enregistré She Moves avec Alle Farben. La chanson, très vite devenue un tube estival, a ouvert de nombreuses portes à l’artiste dont le premier album Plan A vient de sortir il y a 3 semaines. Dans cet album très personnel et authentique, Graham explore les genres et n’hésite pas à alterner entre des titres organiques et acoustiques et d'autres plus électro. Le pétillant premier single de l’album Back into It, hymne dynamique au travail acharné, a déjà commencé sa conquête de l’Europe à travers tournées et festivals d’été

Alors, qui es-tu Graham Candy ?

Rencontre...

1- Tu vis à présent à Berlin mais tu viens d'Auckland en Nouvelle Zélande. Comment t'es-tu retrouvé si loin de chez toi à Berlin?

Je vivais au dessus d’un bar à Auckland en Nouvelle Zélande que j’avais ouvert avec quelques amis. On voulait en faire un bar musical, et je montais sur scène lorsque personne n’y était pour jouer des reprises. Un soir, un allemand est entré pendant je jouais devant environ 4 personnes (rires), il m’a filmé et m’a demandé si je voulais venir à Berlin. Il disait vouloir m’offrir l’avion, un appartement et un producteur, au début je me suis dit qu’il avait pris beaucoup de drogues. Ça avait l’air trop beau pour être vrai. Et puis nous nous sommes revus par hasard dans un bar, nous sommes devenus bons amis et un mois après je me suis dit, pourquoi pas essayer ? Et tout ce qu’il m’avait promis s’est réalisé. Il est maintenant mon manager, mon meilleur ami et mon frère.

2-T'y sens-tu chez toi maintenant?

C’est un peu étrange car Berlin est la ville où je me suis trouvé. J’étais un jeune garçon quand j'ai quitté la Nouvelle Zélande et je suis devenu un homme à Berlin. Je ne connaissais personne, j’ai tout laissé dernière moi et j’ai fini par trouver ma place dans ce monde. Berlin est une ville extraordinaire pour un musicien car ce n’est pas encore trop cher, on n'est pas encore obligé de se replier en banlieue comme à Paris ou Londres, tout est encore au centre, les studios, les cafés.. et le marché de la musique allemande se renforce. Le seul petit problème dans tout ça c’est mon niveau d’allemand qui reste assez mauvais, mais j’y travaille ! Tout le monde parle anglais à Berlin donc c'est difficile de pratiquer ! 

3-As-tu toujours su que tu serais musicien ou chanteur?

Non, c’est arrivé d’un coup comme ça. La Nouvelle Zélande est un pays trop petit et trop loin du reste pour penser faire une carrière musicale. Je faisais de la danse, du théâtre, du design et de la musique pour toucher à tout et maximiser mes chances. J’ai toujours su que je serais artiste, mais je n’aurais jamais pensé partir en tournée à travers l’Europe et vivre de ma musique. Je m’imaginais plutôt acteur, mais gagner sa vie en tant qu’acteur ce n'est pas facile en Nouvelle Zélande. C’est un peu une surprise de me voir ici, je suis arrivé à Berlin et je me suis découvert en tant que musicien.
 
4-Est-ce que tu te vois revenir vers le cinéma plus tard ?

Complètement. J’aime tout ça : jouer, danser, faire de la musique, et je pense que c’est sain de tous les garder en moi. Peut-être qu’un jour je les mélangerai tous dans un même projet ! J’adore les comédies musicales d’ailleurs.

5-On peut te voir dans un film? 

Oui, vous pouvez me voir dans Queen of Carthage de Mardana Mayginnes dans le rôle de...moi-même ! (rires)

Je n’ai jamais voulu être une pop star ou devenir ultra connu pour vendre plein d’albums.

6-Ton album s'intitule "Plan A" parce que tu ne voulais pas de plan B. Est-ce parce que tu étais certain de réussir ? 

Non je n'étais pas certain du tout de réussir, mais je sais que même si je jouais dans la rue pour quelques sous, je continuerais quand même à suivre mon plan A. J’ai la chance de pouvoir vivre de ma musique mais je dois travailler dur pour y rester, c’est un privilège de pouvoir en faire ton métier. Beaucoup de portes se sont ouvertes pour moi mais il ne faut jamais arrêter. Je n’ai jamais voulu être une pop star ou devenir ultra connu et vendre plein d’albums, je voulais juste pouvoir en vivre. Maintenant, je veux toucher un maximum de personnes avec ma musique.
                                
7- Qu'as-tu envie de dire à tous ceux qui n'osent pas suivre leur plan A 


Soyez vous-même et essayez. Je pense que si tu as quelque chose en toi, il faut foncer. Tu ne passeras que 80 ou 90 années, si tu as de la chance, sur cette terre, donc si tu veux gâcher ton temps dans le seul but de gagner un paquet d’argent, fais-le. Si ton rêve c’est d’avoir une grande maison et une famille, vas-y aussi. Mais ne perds plus de temps à faire ce que tu n’aimes pas et fonce pour ce que tu veux. Demande conseil aux gens du milieu qui t'intéresse, nourris-toi du soutien de ta famille et ne te laisse pas influencer par les pensées négatives des autres. Quand quelqu’un te dit de "suivre tes rêves", je trouve que le terme ‘rêve’ ne convient pas parce que c’est hyper frustrant. C’est comme si on parlait de quelque chose de magique, d’inaccessible et d’irréel. Pourquoi ne pas dire : "cours après ce que tu veux", c’est une question de volonté plus que de rêve, on est dans le réel et le réalisable, c’est possible  
-On entend souvent parler du principal de ton lycée lorsque tu étais à Auckland. Pourquoi revient-il souvent dans les conversations ?

Il est très important pour moi. C’est lors de notre rencontre que j'ai vraiment commencé la musique, au lycée. J’avais acheté une guitare acoustique rose clair et j’avais décidé de m’inscrire à un concours de chansons. Je n’avais jamais fait de musique avant donc c’était très nouveau pour moi et je sautais les cours pour apprendre les accords. Quand il m’a convoqué dans son bureau, il m’a demandé pourquoi je séchais comme ça et je lui ai répondu que ces cours ne m’aideraient pas dans ma vie future. Oui, j’étais plutôt insolent à cette époque (rires), et il m’a dit que j’avais besoin d’un plan B. Je lui ai dit que je n’en n’avais pas besoin car j’avais déjà mon plan A, il a vu ma détermination et il a décidé de me soutenir. Il aurait pu me ralentir très facilement mais à la place il m’a soutenu dans ma passion et il a fait la même chose pour d’autres étudiants. Le chœur de l’école a participé à une chanson de l’album, ils sont venus à Berlin, il est venu me voir au studio, c’est une personne extraordinaire. Je pense que c’est là que tout a commencé. Il est la première personne qui a cru en moi, mon père ne voulait pas entendre le fait que je voulais être musicien et en vivre. 

                 
8-Dirais-tu que ça a été facile pour toi d'en arriver là? 

Ce n’étais pas facile en Nouvelle Zélande. J’ai fait beaucoup de choses artistiques, mais c’était difficile d’en vivre, je n’avais pas d’argent. Quand je suis arrivé à Berlin j’avais une super équipe avec moi. Je pense que la plupart des obstacles viennent de moi, lorsque je doute et que je me pose des questions comme "Est-ce que je mérite d’être là ?" "Suis-je assez talentueux ?" "Suis-je fait pour ça?" C’est facile dans le sens où j’ai eu la chance de faire des collaborations très tôt qui m’ont ouvert beaucoup de portes. Mais il faut beaucoup travailler pour rester dans cette situation.


Je voulais me voir dans cet album

9-Ton premier album est dans les bacs, c'est pas complètement dingue?

C’est hallucinant, c’est comme si c’était ton enfant. C’est un sentiment énorme. Voir quelqu’un repartir avec ton album dans les mains, ce bijou sur lequel tu as travaillé tout ce temps et que tu as créé, c’est juste merveilleux. Maintenant il n’y a plus qu’à regarder la réaction des gens en tournée et réfléchir à l’après, car j’ai déjà des idées de chansons en stock pour le prochain. 

10-Tu as mis beaucoup de toi et ta famille dans cet album, est-ce quelque chose que tu voulais faire au départ ? 

Oh oui, il est très personnel. Je voulais me voir dans cet album, mettre mon histoire en musique et explorer qui je suis. Le style est très dynamique et coloré, j’ai eu beaucoup de liberté donc j’ai pas mal exploré. Je voulais dire à travers mes chansons : "voilà qui je suis, c’est mon histoire." 

11-Est-ce qu'il a été difficile à enregistrer?

C’était plutôt intense oui car je n’avais pas l’habitude d’écrire des chansons comme ça, mais j’ai une super équipe dernière moi qui m’a guidé et orienté. J’y ai pris beaucoup de plaisir. C’est parfois difficile de se dire aussi que des chansons personnelles à propos de ta famille ou tes amis vont se retrouver dans un album que tout le monde pourra écouter. Il y a eu des moments où je me suis demandé si c’était une bonne chose cette exposition au public. Et puis je me suis dit, pourquoi je fais de la musique? Pour dire des choses à ma famille et à mes amis à travers la musique. 

12-Comment décrirais-tu ton style de musique? 

Pop ! Je pourrais développer avec pleins d’autres genres, mais c’est essentiellement de la pop.

13-Où est-ce que tu préfères écrire et composer ? En tournée ? Chez toi au calme ? 

J’ai l’impression de créer sans arrêt, surtout sur mon téléphone, j’adore mon téléphone (rires). Dès que j’ai une idée de mélodie ou de paroles je l’enregistre dessus, que ce soit dans la salle de bain ou dans un bar. Je chante à voix haute et j’enregistre directement, ce que mes amis trouvent étrange d’ailleurs car ça peut arriver n’importe quand. C’est continu. Ça m’est même arrivé d’entendre une chanson dans mon rêve et d'essayer de retrouver la mélodie quand je me réveille, mais je ne m’en souviens jamais !


14-Quel est le titre de l'album que tu préfères? Pourquoi?

Heart of Gold qui parle de la relation avec mon père. Elle est assez intense et cette chanson exprime tout ça à travers un son très juste. Et lorsque le chœur s’est ajouté, je me suis dit "c’est ça ! enfin !" J’ai su que c’était ce que je voulais exprimer musicalement, le moyen d’expression parfait pour cette relation. Je ne sais pas encore si mon père a écouté la chanson, on verra ce qu’il en pense.

15-Ton titre
 Home est très touchant, tu y parles notamment de cette mélancolie associée à ton départ de Nouvelle Zélande. Est-ce un sentiment qui te suis ?

J’ai expérimenté ce moment où, lorsque tu es dans un pays étranger, tu te sens très seul. Tu essayes de te convaincre que tout est parfait, mais il y a des moments où tu es super seul, et c’est normal. Tu doutes, tu te demandes si tu as bien fait de partir. Et puis ensuite je me suis dit que j’étais ici pour une raison : poursuivre ma passion. Donc je m’accroche. J’étais assis au bord d’un lac je crois lorsque je l’ai écrite. Je me disais que je voulais rentrer à la maison, un jour peut-être, mais Not Today ! (rires)

Je crois que j'aurais fait quelque chose de créatif de toutes façons.

16-Est-ce que le fait de te retrouver dans une ville ou un endroit différent influence ton écriture ? 

Absolument ! Une ville peut influencer toute une chanson, mais je pense qu'aussi les gens eux-mêmes le peuvent. Lorsque tu joues un titre en Angleterre, il n’a pas le même son qu’en France ou en Allemagne. Je crois que les habitants de la ville influencent le ressenti de la chanson aussi.

17-Y a-t-il un artiste que tu admires ou qui t'inspire ? 


Damien Rice. Je le trouve merveilleux, un homme très émotif. Il est la raison pour laquelle j’ai appris la guitare. J’ai écouté tous ses albums, je ne sais pas combien de fois.

18-Quels sont tes projets ? Travailler déjà sur le deuxième album ?

Non pas encore, pour l’instant on se concentre sur les tournées, on a beaucoup de dates de prévues surtout avec les festivals qui approchent. Je vais attendre d’en avoir fini avec toute cette énergie pour commencer à réfléchir au prochain album, certainement pas avant l’année prochaine.

19-As-tu un rituel avant de monter en scène? 

Oui on fait ce qu’on appelle le Hongi, un salut traditionnel Nouvelle Zélande. Ou parfois on se réunit en cercle avec tous les membres du groupe, sans parler on rapproche nos têtes jusqu'à ce qu'elles se touchent, simplement pour profiter de ce moment en silence. Je suis sur scène avec des musiciens extras.

Le questionnaire !

  • Le meilleur conseil que l'on t'ait donné
    Do what you say you’re gonna do

  • Une devise
    Live for now, live today

  • La chanson que tu écoutes en boucle en ce moment 
    Time and time again de Bahamas

  • Tu film préféré? 
     Le Seigneur des Anneaux : Le retour du roi de Peter Jackson

  • Un rituel quotidien? 
    Du café le matin, et je consulte aussi le site de la NBA aussi étrange que ça puisse paraître!  

  • Ton endroit favori à Paris?
    J’adore le Sacré Cœur à Montmartre

  • Ton QG pour sortir? 
    Je n'en ai pas vraiment, je vais où la nuit m’entraîne!

  • Pour toi, 2016 sera l’année de…
    mon entrée dans l'industrie de la musique



Pour suivre toute l'actualité de Graham Candy c'est par ici et par là.

Et bien sûr, le premier album Plan A

Source image : grahamcandymusic.com ; piggledypop.blogspot.fr ; popsushi.org ; kerem-bakir.com ; mpassin.de ; credit Michèl Passin

Article rédigé par :


Vous avez aimé cet article ? Partagez-le avec vos ami(e)s !


Devenez chroniqueuse !

Laissez parler votre plume et rejoignez l'aventure Copines du Web!

Je contribue